
La reprise des procédures collectives en France est une réalité qui touche de plein fouet les entreprises, y compris les SAS et les SASU. Selon les derniers chiffres d’Infogreffe, le nombre de défaillances a continué sa forte progression en 2024, atteignant des niveaux comparables à ceux d’avant-crise, après la période de « quoiqu’il en coûte » qui avait maintenu un grand nombre d’entreprises à flot.
Pour un dirigeant de SAS, il est essentiel de ne pas ignorer les signaux d’alerte qui, s’ils sont détectés à temps, peuvent permettre de redresser la situation ou de choisir une solution de sortie moins brutale que la liquidation judiciaire.
Les indicateurs financiers à surveiller 👀
La santé financière d’une entreprise se lit dans ses chiffres. Un dirigeant de SAS doit être capable de lire et d’interpréter les bons indicateurs pour anticiper les difficultés.
- Tensions de trésorerie récurrentes : C’est le signal d’alerte numéro un. Si vous avez de plus en plus de mal à payer vos fournisseurs, vos salariés ou vos charges sociales et fiscales, la situation est critique. Le défaut de paiement n’est pas une fatalité, mais un indicateur d’une trésorerie négative ou insuffisante.
- Détérioration du fonds de roulement : C’est la différence entre les ressources à long terme (capitaux propres, dettes à long terme) et les emplois stables (immobilisations). Un fonds de roulement qui diminue est un signe que les ressources durables ne sont plus suffisantes pour financer les besoins d’exploitation.
- Perte de crédibilité auprès des partenaires : Une situation de trésorerie tendue peut entraîner des délais de paiement et, par conséquent, une perte de confiance de la part de vos fournisseurs ou de votre banque. Des demandes d’acompte plus importantes de la part de vos fournisseurs habituels sont un signe que la confiance se dégrade.
Les signaux d’alerte juridiques et administratifs 🚨
Au-delà des chiffres, la SAS peut recevoir des notifications qui annoncent des difficultés imminentes.
- Procédures d’injonction de payer : Si vos créanciers, en particulier l’administration fiscale ou sociale, engagent des procédures d’injonction de payer, c’est que votre situation est grave. Ces actions juridiques peuvent rapidement aboutir à des saisies.
- Retard de dépôt des comptes annuels : L’oubli ou le retard dans le dépôt des comptes annuels auprès du greffe du tribunal de commerce n’est pas un simple oubli administratif. C’est un indicateur de la désorganisation de l’entreprise. En cas de non-respect de cette obligation, le président de la SAS peut être convoqué par le greffier.
Que faire face à ces signaux ?
Le meilleur conseil est d’agir sans attendre. Plus tôt vous réagirez, plus vous aurez d’options.
- Le mandat ad hoc ou la conciliation : Ces procédures préventives et confidentielles sont souvent la meilleure solution. Elles vous permettent, avec l’aide d’un mandataire, de renégocier vos dettes et d’obtenir des délais de paiement avec vos principaux créanciers, sans que cela soit rendu public.
- La procédure de sauvegarde : Si vous n’êtes pas encore en état de cessation des paiements (incapacité de faire face au passif exigible avec l’actif disponible), vous pouvez demander l’ouverture d’une procédure de sauvegarde pour réorganiser votre entreprise sous la protection du tribunal.
- L’état de cessation des paiements : Si vous ne pouvez plus faire face à vos dettes, il est impératif d’en faire la déclaration dans les 45 jours. Ne pas le faire peut entraîner des sanctions pour le dirigeant. La déclaration vous permettra d’ouvrir une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire, en fonction de votre capacité à poursuivre l’activité.
En résumé, l’augmentation des défaillances de SAS doit inciter les dirigeants à une vigilance accrue. La proactivité est la clé : plus vous anticipez, plus vous préservez l’avenir de votre entreprise et minimisez les risques personnels.