Rémunération du dirigeant de SAS : le match salaire vs dividendes en 2025

Posté par le 30 août 2025 dans Divers, Votre statut

En tant que dirigeant de SAS, la question de votre rémunération est cruciale. Faut-il opter pour un salaire, des dividendes, ou un mélange des deux ? La réponse n’est pas simple, car elle dépend de l’équilibre entre cotisations sociales et imposition. Avec les évolutions législatives et les ajustements fiscaux de 2025, la donne peut changer. Analysons les forces et les faiblesses de chaque option pour vous aider à y voir plus clair.


1. Le salaire : la sécurité sociale contre l’imposition

Le salaire du président de SAS est assimilé à un salaire pour le calcul des cotisations sociales. Il vous ouvre des droits importants.

  • Avantages :
    • Protection sociale complète : Vous bénéficiez d’une couverture identique à celle d’un salarié (retraite de base et complémentaire, prévoyance, assurance maladie, etc.). C’est un point majeur pour votre sécurité et celle de votre famille.
    • Déductibilité fiscale : La rémunération que vous vous versez est une charge pour l’entreprise. Elle est donc déductible du résultat imposable de la SAS, ce qui réduit la base de l’impôt sur les sociétés (IS).
  • Inconvénients :
    • Coût élevé : Les cotisations sociales sur un salaire représentent environ 75 à 80 % du salaire net. Sur 100 € de salaire net, l’entreprise doit dépenser près de 180 € au total.
    • Imposition sur le revenu (IR) : Le salaire est imposé dans la catégorie des « traitements et salaires », et vous pouvez bénéficier d’un abattement de 10 % ou des frais réels. Le taux d’imposition peut rapidement augmenter selon votre tranche marginale d’imposition.

2. Les dividendes : une fiscalité plus légère, mais sans protection sociale

Les dividendes correspondent à une distribution d’une partie des bénéfices de l’entreprise. Ils sont moins taxés socialement mais ne génèrent aucune protection sociale.

  • Avantages :
    • Faibles cotisations sociales : Les dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales. Ils sont uniquement soumis à la flat tax de 30 %, qui se compose de 17,2 % de prélèvements sociaux (CSG-CRDS) et de 12,8 % d’impôt sur le revenu.
    • Liberté de distribution : Vous pouvez décider de vous verser des dividendes en fin d’exercice si la société réalise des bénéfices. Il n’y a pas de versement régulier obligatoire.
  • Inconvénients :
    • Aucune protection sociale : La somme perçue sous forme de dividendes ne vous ouvre aucun droit social (ni retraite, ni assurance maladie, ni indemnités chômage). C’est le principal point faible.
    • Non déductibles du résultat : Les dividendes sont prélevés sur le bénéfice de l’entreprise après le paiement de l’impôt sur les sociétés (IS). Ils ne sont donc pas déductibles des charges de la société.

Cas pratique 2025 : le choix de l’optimisation

Pour illustrer le « match », prenons l’exemple d’une SAS qui réalise un bénéfice de 100 000 € et dont le dirigeant souhaite se verser l’intégralité sous forme de rémunération.

Scénario 1 : 100 % en salaire

  • Coût pour l’entreprise : Pour un revenu net de 100 000 €, le coût total (salaire net + cotisations patronales et salariales) s’élève à environ 180 000 €.
  • Imposition : Ces 100 000 € sont imposés sur le revenu (après abattement de 10 %). Le taux effectif d’imposition peut avoisiner 25 % à 30 % selon les autres revenus du foyer fiscal.
  • Protection sociale : Le dirigeant bénéficie de l’intégralité de la protection sociale.

Scénario 2 : 100 % en dividendes

  • Impôt sur les sociétés (IS) : L’entreprise doit d’abord payer l’IS. En 2025, le taux est de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfices, puis 25 % au-delà. Soit un IS total de 20 625 € sur 100 000 € de bénéfices.
  • Dividendes : Il reste 79 375 € de bénéfices distribuables.
  • Fiscalité des dividendes : Sur les 79 375 €, le dirigeant paie la flat tax de 30 % soit 23 812,5 €.
  • Revenu net total : 79 375 € – 23 812,5 € = 55 562,5 €.
  • Protection sociale : Aucune.

Scénario 3 : Le « mix » optimal

La plupart des dirigeants optent pour une solution hybride. L’idée est de se verser un salaire minimal pour bénéficier d’une bonne couverture sociale, puis de distribuer le reste des bénéfices sous forme de dividendes pour optimiser la fiscalité. Par exemple :

  • Se verser un salaire de 30 000 € pour valider 4 trimestres de retraite et être bien couvert en cas de maladie. Cela coûte à la SAS environ 54 000 €.
  • Distribuer le reste en dividendes si la société a un bénéfice suffisant.

En conclusion, le choix entre salaire et dividendes n’est pas un simple calcul. Il s’agit de trouver le bon équilibre entre la sécurité sociale, qui est un enjeu majeur, et l’optimisation fiscale.

Un conseil avisé d’un expert-comptable ou d’un conseiller en gestion de patrimoine est indispensable pour déterminer la meilleure stratégie en fonction de votre situation personnelle et des objectifs de votre entreprise.

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